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Les femmes et les services médicaux

February 10, 2012

Un certain nombre d’études sur la santé des femmes ont démontré l’existence de liens étroits entre l’état de santé et les facteurs socio-économiques touchant les femmes. Des facteurs tels qu’une participation limitée à la vie publique, un pouvoir de décision restreint, des attentes de rôles dévalorisés dans la société, la pauvreté, la violence et l’exploitation sexuelle empêchent toute possibilité de bien-être mental. Les contraintes économiques et sociales, associées aux charges inégales imposées par les attentes de rôles dans la société, ont souvent un effet négatif sur la santé, le bonheur et les possibilités d’accomplissement et de réussite personnelle des femmes.

Le système de la santé a souvent négligé les préoccupations des femmes, et traditionnellement, les femmes ont eu très peu de contrôle sur leur propre traitement médical, que ce soit pour des problèmes émotionnels ou physiques. Les catégories diagnostiques et bien d’autres classifications et théories de santé mentale créées par les hommes, ont eu tendance à attribuer les difficultés des femmes à l’individu et à dévaloriser le comportement des femmes.

Les femmes, contrairement aux hommes, ont plus de chances d’être diagnostiquées comme souffrant de dépression, d’anorexie, de boulimie, d’agoraphobie, d’anxiété et de troubles psychosomatiques. Tous ces problèmes sont étroitement associés aux sentiments d’incapacité à s’en sortir, d’impuissance et de manque de contrôle. En outre, un grand nombre de préoccupations de santé liées aux problèmes d’accouchement, de grossesse, de menstruation et de ménopause ont reçu des étiquettes erronées de phénomènes de maladies endémiques au cycle naturel de la femme.

Fondé sur son engagement au changement social et à l’action communautaire qui, à long terme, contribuera à la force émotionnelle et à l’autonomie des femmes, non seulement en tant qu’individus, mais aussi comme membres de la société, le Conseil national de l’ACSM soutient les recommandations suivantes.

Recommandations

  • Les services aux femmes doivent être basés sur le principe fondamental selon lequel le corps et l’esprit d’une femme lui appartiennent. Le libre choix de reproduction et les choix sur l’intervention médicale et la sexualité sont les droits exclusifs de chaque femme. Selon la loi canadienne sur la santé, tout individu doit avoir accès à tous les services disponibles, sans distinction de revenu ou de lieu de résidence.
  • Les services de santé mentale doivent satisfaire aux critères requis pour les paiements de transferts fédéraux selon la loi canadienne sur la santé, y compris la sensibilité aux besoins, l’universalité et l’accessibilité. La définition du problème, les soins médicaux et leurs alternatives doivent être ordonnés par la bénéficiaire.
  • Lorsqu’on envisage de recourir à un traitement, il est nécessaire de considérer le contexte dans lequel le comportement “symptomatique” de la femme se développe. Par exemple, si une femme déprimée vit une situation familiale difficile, la personne pourvoyant les soins doit s’attaquer à la situation entière. Des pilules pour la femme ne changeront pas la famille.
  • Dans la vie courante, les expériences des femmes ne sont pas généralement liées aux conditions médicales, mais sont plutôt d’ordre socio-culturel et doivent ainsi être abordées dans cette optique.
  • Les gouvernements doivent financer des centres de promotion de la santé multidisciplinaires au sein de la communauté, et regroupant des perspectives qui respectent l’égalité, l’autonomie et l’individualisme des femmes. Les services comprendraient le traitement, l’éducation, la dissémination de l’information, et un programme d’action communautaire.

Novembre 1995

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